GENESE  HELYDIENNE

Hélyngrade est un Monde empli de magies et de mystères. Les légendes que racontent les hélydiens remontent à bien des siècles. Mais celle qui demeure encore aujourd’hui, est celle de la Création, la naissance du Monde. Le jour que l’on nomme Instigation.

Au commencement, il n’existait que les astres dans le ciel. Un gigantesque et infini tapis d’étoiles recouvrant une immensité d’eau. Le plus grands d’entre eux était la Lune d’argent. Cette lune abritait le royaume des Dieux Anciens. Elle trônait fièrement dans l’univers au-dessus d’une mer sans vie. Mais les Divins étaient las de contempler un océan stérile et vide. Ils ne voulaient plus voir leur seul reflet dans l’eau, ainsi décidèrent-ils de créer.

Astramad, le légendaire léviathan élémentaire forgea la terre de ses pattes et sculpta le Monde avec ses griffes. Il bâtit des montagnes, des canyons et des plaines. Puis il dessina dans le sol des tranchées et des sillons. Assoiffé par le labeur, il but l’eau de la mer. Mais celle-ci était si salée qu’il la recracha sur la terre qu’il venait de façonner. C’est alors que l’eau s’écoula et emplit les imperfections que le dragon avait dessiné. Ainsi naquirent les lacs et les rivières. Leurs lits parcouraient la terre pour se jeter à nouveau dans la mer. Le sel forma les pierres et les rochers. Avec ses puissantes ailes, il créa le vent. Des brises légères se levaient et des vagues sur la mer apparurent. Elles venaient s’écraser sur les rivages déposant du sable fin et laissant apparaître des plages aux abords des côtes.  Mais le Monde était encore bien sombre, alors Astramad éclaira la terre. Il déversa son feu dans le ciel et créa le soleil. La chaleur qui émanait de ce foyer venait caresser la terre. La couleur rougeoyante de l’étoile se répercuta si fort sur la Lune d’argent qu’une lune de sang se dessina en reflet dans le ciel. Une lune plus petite et plus ronde mais bien plus belle. Le dragon s’approcha du reflet rougeâtre et l’enroba de son souffle glacé. L’astre poupre prit alors sa place aux côtés du soleil et de la Lune d’argent.

Emerveillées du travail de leur frère, Ymnia et Réna, les deux Sœurs, s’attelèrent à la tâche. Elles semèrent des graines que le vent dispersa. Ymnia donna les germes de la flore et de la faune. La chaleur du soleil et le sol fertile donnèrent naissance aux arbres et aux animaux. Réna quant à elle, donna de sa propre semence. Elle la déposa délicatement sur le sol, dans la mer, sur les montagnes et dans le sable. Elle répandit une nouvelle forme de vie. Elle les nomma les Ethers, les Premiers de toutes races. Leur besogne achevée, les Dieux remontèrent sur la Lune. Ils regardaient avec fierté ce qu’ils avaient créé et se contentaient de la vie qui grouillait maintenant sous leurs yeux.

Tapis dans l’ombre de ses aînés, Senrazarr, le dernier de la fraterie, était jaloux du travail accompli par ses sœurs et son frère. Aussi décida-t-il d’emplir le monde avec ses propres traits. Il descendit furtivement sur la terre nouvelle. Il instigua la crainte et la peur dans le cœur des Ethers et des animaux. Il engagea des conflits entre les espèces et instaura la loi du plus fort. Il créa les imperfections dans le temps. La pluie, la neige et les saisons virent le jour. Mais ce n’était pas assez. Il se saisit de son épée et s’empala. Le Dieu sillonna le Monde répandant son sang sur la terre et ses habitants. Mais le sang d’un Dieu est empli d’un grand pouvoir que l’on appelle Magie. Le sang de Senrazarr répandu par jalousie et vils desseins, n’était qu’impureté. Certaines créatures et êtres vivants mutèrent pour se transformer en bêtes horribles ou en monstres. On appela cette magie noire, le Ranor.

Les Aînés s’aperçurent de ce que leur frère avait commis. Ils décidèrent alors de le punir. Astramad créa une immense prison pour son frère affaibli. Il déchira une gigantesque montagne et creusa profondément. Et plus profondément encore. Avec sa gueule, il dévora les murs et créa de longues galeries souterraines. Aux confins de la terre, il se redressa et créa un vestibule de son dos, avec deux colonnes et une estrade. Sur ces joues, coulaient des larmes de douleur. Les Sœurs conduisirent Senrazarr au cœur de la Montagne. Elles façonnèrent des chaînes de nyrtre, métal puissant et inoxydable, grâce aux gisements de minerais excavés par le Léviathan. Elles enchaînèrent alors Senrazarr et tous s’apprêtèrent à rejoindre la surface. Mais l’un des murs fraîchement creusé se fissura et l’eau de la mer inonda les galeries souterraines. Les Sœurs s’accrochèrent à Astramad et celui-ci traversa l’eau avec vélocité. Le Léviathan dessinait des cercles dans les abysses pour rejoindre la surface. Hors de danger, volant au-dessus de la mer, l’on distinguait dans l’océan un violent typhon, symbole du passage d’Astramad. Ils s’en retournèrent à la Montagne pour sceller la geôle de leur frère. Le titan déversa son feu dans le cratère qu’il emplit avec tant d’abondance qu’elle déborda et créa des coulées de magma sur ses versants. Elles terminaient leur course dans le bleu de la mer laissant apparaître à la surface de la vapeur et des plaques noires dures comme la pierre. Astramad poussa un hurlement qui résonna au cœur de chaque forêt, chaque caverne de cette terre nouvelle. Dans sa geôle, Senrazarr l’entendit et esquissa un sourire satisfait. Astramad pleurait, confronté à la trahison de son propre sang. Mais malgré leurs efforts, le Ranor se propageait encore.

Les Aînés conclurent que pour contrer le Ranor, ils leur fallaient offrir leur propre sang aux Ethers. Ymnia décida de sauver la Création. Elle se tailla délicatement les veines et monta sur le dos d’Astramad. Ensembles, ils épandirent l’essence d’Ymnia sur le Monde. Empli d’une volonté pure, la magie de la déesse et les larmes qui coulaient sur ses joues abreuvèrent à nouveau la terre, les océans, les montagnes et les déserts. C’est ainsi qu’Hélyngrade reçu la magie théurgique, celle qui vient des Dieux.

Le Ranor et la Théurgie se mêlèrent ensemble aux Ethers et aux créatures peuplant le monde. Naquit ainsi la magie conjonctive, celle qui peut être manipulée. Ymnia, mourante, désira reposer au cœur des forêts qu’elle avait créé. Réna planta alors une ultime graine qu’elle façonna de ses larmes. Elle créa un crystal d’une grande beauté et d’un puissant pouvoir, que son frère et elle appelèrent le Joyau d’Â’lêm. Ils enfouirent le joyau dans l’épaisse forêt de Da’Asheer et de cette semence naquit un Arbre immense aux bienfaits légendaires. Les Divins déposèrent Ymnia au cœur de l’Arbre et en scellèrent soigneusement l’entrée.

Les deux derniers Dieux décidèrent qu’ils étaient bien trop dangereux de laisser le Monde sans protection. Ils décidèrent alors de le séparer en trois hélydes. Ils condamnèrent les geôles du traître et séparèrent les abysses du Monde des Ethers par une barrière magique.  L’hélyde noire du Ranor était ainsi en place. Abritant Senrazzar, sa malveillance et sa cruanté. Puis, ils quittèrent Hélyngrade et se posèrent une dernière fois sur l’astre d’argent. Réna et son frère décrétèrent alors que la mer et le ciel délimiteront les frontières des Ethers, Ce fût la naissance de l’hélyde conjonctive. Avant de se retirer au-delà des étoiles, Astramad déposa sur les lunes, des œufs de pierre au contenu inconnu. Ils seraient destinés uniquement si le traître se libérerait de ses chaînes et que le Monde serait au bord de la guerre. Réna quant à elle, puisa les dernières graines fertiles de son corps. Elle enseigna à ses enfants ce qu’ils devaient apprendre et représenter : la droiture, l’art de la guerre, la sagesse, l’honneur, la reconnaissance, les bienfaits de la Théurgie et le chaos ranorique. Leurs apprentissages terminés, ses enfants, baptisés du titre d’Etherias, furent affublés d’une seule mission : protéger Hélyngrade et ses habitants. Ni Dieux Anciens, ni Ethers, les Etherias sont ceux que les peuples hélydiens vénèrent aujourd’hui demeurant dans les Cieux mais tout de même présents sur la terre conjonctoire. 

Réna, faible et stérile monta péniblement sur le dos de son frère et tous deux s’envolèrent par-delà les étoiles. Ils se réfugièrent aux confins de l’Univers et créèrent ainsi l’hélyde théurgique. Laissant ainsi Hélyngrade aux mains des Etherias. Cependant, issus des dernières semences fertiles de Réna, les Etherias demeuraient plus faibles que leur créatrice. En voyageant entre les hélydes, les Etherias ont été influencés par les magies du Monde. Leurs actes étaient guidés par l’emprise des différentes sources magiques au point que les Etherias basculèrent du côté de la lumière ou celui des abysses. Peu gardèrent la force d’être juste et de comprendre l’équilibre pourtant nécessaire.

Mais au détriment de tous, une autre hélyde vu le jour. Crée par les fragments du Ranor et de la Théurgie, elle se dessina entre les hélydes jusqu’à bâtir celui que l’on appelle aujourd’hui le Val. Un chemin caché, lugubre ou le temps n’est plus. Le Val est un puits de magie infini, il est l’Entre-Monde. L’accès en est scellé et gardé, inaccessible aux mortels. Mais au fil des siècles, un écho fini par résonner dans le cœur des hélydiens. Un écho devenu une légende puis un mythe. Aujourd’hui, il n’est plus qu’un murmure porté par le vent :

 « Seul le jour du trépas, le chemin s’ouvrira et le porteur d’âmes choisira selon toi. »

C’est ainsi que l’Instigation pris fin et qu’Hélyngrade naquit des mains des Dieux Anciens.

 

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